Dernière étape: Buenos Aires

Je me suis tapé 17h de bus depuis Salta jusqu’à Buenos Aires, mais pas dans n’importe quel bus, le haut de gamme. Sièges en cuir, inclinables à l’horizontal, vue panoramique, air conditionné, télévision et service à bord comme dans un avion. En fait, c’était bien plus confortable qu’un avion, de beaucoup! (Je déteste l’avion.)

Après mon expérience satisfaisante du dortoir de Salta, j’ai décidé de retourner dans une auberge de jeunesse à Buenos Aires. C’était bien plus avantageux question prix, que d’aller à l’hôtel. Les prix augmentent sacrément quand on se retrouve dans une grande ville et, de surcroît, dans un pays bien plus développé que ce que j’avais pu voir auparavant.

J’ai donc atterri dans une des auberges de “Hostel International”, le “Buenos Aires” dans le quartier de San Telmo. Il y avait déjà pas mal de monde et c’était sympa de pouvoir discuter à la cafétéria avec d’autres voyageurs autour d’un pot le soir en rentrant. Il y vraiment de tout et n’importe quoi dans ces auberges: ça va du jeune anglais obtus qui n’est jamais sorti de chez lui et qui veut surtout pas trop changer ses habitudes, à la mamie ex-soixante-huitard qui a déjà voyagé dans tous les pays du monde (à la cool, bien sûr), en passant par le jeune et dynamique millionnaire qui s’offre un petit frisson hors de l’hôtel Sheraton auquel il est habitué ou encore la bande de potes qui sont là uniquement pour l’alcool bon marché et les filles faciles. Assez éclectique, donc!

Comme je restais sept jours dans cette ville, je n’étais pas trop pressé par le temps. J’ai donc profité de me déplacer principalement à pieds, ce qui est à mon avis la meilleure façon de découvrir cette ville. Elle est divisée en cinq quartiers principaux: San Telmo l’artistique, El Centro le commercial, Recolleta le coin vert, La Boca le quartier pauvre, et… je sais plus le nom le quartier bourge. Pour passer de l’un à l’autre il est assez commode de prendre le métro qui est très efficace.

Le quartier de San Telmo est probablement mon préféré. Beaucoup de rues sont pavées, il y a des arbres, des vieilles maisons, des magasins d’antiquités, des bars et des endroits où il y des représentations de tango. En gros, c’est charmant. En allant vers le centre, comme dans toutes les grandes villes, les bâtiments sont beaucoup plus grands, il y a des rues à magasins (vraiment très longues et piétonnes) et le Wall Street local. Entre parenthèses, si j’en crois mes sources, c’est à Buenos Aires qu’il y a la plus grande avenue du monde, 13 pistes de large dans un sens! Impressionnant pour un petit suisse, j’ai presque eu besoin d’un GPS pour trouver l’autre côté!!

Un soir, j’ai eu la possibilité d’aller voir un show de tango dans un des clubs les plus fameux de Buenos Aires, le MichelAngelo, pour un prix relativement modéré grâce au discount “Hostel Inn”. Superbe! C’est un club vraiment bien hup’ où la majorité des gens qui y viennent sont soit des touristes non-bagpacker soit de riches argentins. J’avais donc pas l’air malin le matin même quand j’ai réservé ma place à l’auberge et que le gars m’a conseillé de m’habiller un peu mieux pour ne pas me sentir mal à l’aise, je n’avais que des chaussures de marche et des vêtements de montagnard… Durant la journée, j’ai finalement réussi à trouver quelque chose pour diminuer le malaise, mais pas les autres avec qui j’étais et ça faisait un peu tache; mais c’était marrant.

A peine arrivé, on un verre de vin nous est servi et malgré tous mes efforts, je n’ai pas réussi à le vider avant la fin de la soirée, 3-4h plus tard, car le serveur ne faisait que de le remplir à nouveau à peine après avoir bu une gorgée. Autant dire que j’ai fini un peu plein…

On s’est ensuite envoyé un steak à se relever la nuit, tellement il était bon, puis le show a commencé. Je m’attendais à n’avoir la démonstration de tango que d’un couple mais en fait, c’était bien plus une sorte de pièce de théâtre musicale et dansante. Il y avait un orchestre dans le fond de la scène et devant, entre deux et douze personnes dansaient et chantaient. Je ne le savais pas mais j’ai vite compris que le tango vient à l’origine du bordel, car nous avons eu droit à deux ou trois scènes où les femmes, plutôt dénudées, se trémoussaient de manière très, très suggestive. Chaud!

Deux autres visites m’ont bien marqués, celle du cimetière dans le quartier Recolleta et celle de la rue touristique du quartier pauvre, La Boca. Le cimetière… ben c’est un cimetière, mais il est énorme! Et les tombes, c’est pas des tombes banales avec une pierre et une croix dessus, non, ce sont carrément des maisons pour morts tout en marbre. Cependant, il semblerait qu’une fois que la famille s’est ruinée pour en acheter une, elle n’a plus les moyens pour l’entretenir (ou elle s’en fout) et beaucoup de tombeaux ne sont plus très beaux (hoho!).

Quant au quartier de la Boca, ce n’est pas sa beauté ni sa taille qui m’ont impressionné, mais le flot de touristes qui s’y déversent chaque jour. Pour la petite histoire, ce quartier est le plus pauvre de Buenos Aires et n’importe qui vous dira qu’il est super dangereux de s’y balader hors de la rue touriste (El Caminito). Ca ne doit donc pas être des blagues. Je me suis donc rendu à ce Caminito le dernier jour de mon séjour pour découvrir qu’il n’a d’attrait que par les couleurs de ses maisons. Elles sont vraiment peintes de toutes les couleurs et c’est joli. Mais El Caminito est petit et La Boca est assez grand, donc tout le reste -où il ne faut pas aller- doit être bien pourri.

A part ça, c’est à vomir. Quand je suis arrivé là-bas, à pieds, il y avait déjà des dizaines de cars de touristes parqués des deux côtés de la rue. Et c’était les touristes de meilleure choix, les plus riches et les plus cons, qui venaient se pavaner, se faire prendre en photo avec des danseurs de tango du dimanche et acheter des babioles. Les trucs qui m’agacent au plus haut point.

La Boca est aussi le quartier où est né le football argentin et d’où viennent la plupart des bons footballeurs bien connus maintenant. Donc, hormis les touristiques, c’est l’hypocrisie du capitalisme effréné qui m’a le plus dégoûté (j’ai mis un moment à la trouver celle-là, mais j’en suis assez fier ;o)). Devant toutes ses maisons colorées, il y a des publicités gigantesques pour Nike avec des slogans bien débiles, l’air de dire: “bouffer du Nike, entraînez-vous durement au foot, j’ai bien l’intention de me faire du pognon sur votre dos”.

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